Régis ROQUETANIERE

22 avril 2009

L'ERREUR DE L'ABSTENTION, LA FAUTE DU BOYCOTT

Bien, sûr les partis politiques de gauche comme de droite redoutent la faible participation annoncée pour l'élection européenne de juin prochain par ce qu'il deviendra encore plus éclatant qu'ils ne représentent plus le Peuple.

Celui-ci a voté, dans sa diversité à 55 % contre le traité constitutionnel européen en mai 2005 - donc contre l'Europe qu'ils veulent imposer ou qu'ils tolèrent plus ou moins franchement, celle du marché et du droit des hommes limité à ceux qui les soutiennent.

Or, si l'on tient compte de la réalité c'est à dire des adhérents à jour de leur cotisation, les partis politique, de l’extrême droite à l’extrême gauche ne recueillent l'engagement total que de 5% de la population, au mieux.

Encore convient-il de connaître et comprendre la cause probable de ces adhésions.

*      défendre des intérêts matériels directs ou indirects certains afin de favoriser « un plan de carrière ».

*      consolider la notoriété de « vedettes en tous genre » du spectacle ou des sports populaires, par la fréquentation des princes.

*      être en situation de conclure ou d’aider à la signature des gros contrats ou d’influer sur les commandes publiques pour en tirer quelques fruits.

*      se faire reconnaître pour fabriquer du droit opportun et créer des exceptions susceptibles de bloquer des poursuites ou jugements gênants par des décisions argumentées, inacceptables ou arbitraires mais légales dans la mesure ou elles sont l’expression d’une majorité dite politique, mais peu représentative de la réalité sociale.

*      être en position d’accéder ou d’orienter les commandes publiques.

*      avoir la faculté de répondre aux grands appels d’offres (aéronautique, chemin de fer, industrie pharmaceutique, grandes entreprises du bâtiment, construction automobile etc).

*      participer à l’élaboration des conditions réglementaires afin de restreindre le référencement et de « tuer la concurrence entre grands ».

*      manoeuvrer très en amont afin de réduire le nombre de prétendants aux grands marchés publics en créant les conditions qui permettent de soumissionner artificiellement à des tarifs avantageux et d’abandonner à la sous-traitance les affres d’une rentabilité faites au détriment du droit social, de la qualité des productions, voire de la sécurité et de la santé publique.

*      Consolider, construire ou amplifier la notoriété des d’hommes ou des femmes politiques manipulables à l’envi, en recherche psychotique de reconnaissance médiatique.

*      faire adopter le développement de techniques juteuses mais dangereuses (culture à l’air libre des Organismes Génétiquement Modifiés, biométrie, tout électrique par exemple).

*      pervertir les choix publics en matière de télécommunications en faisant adopter par la corruption et le copinage, le développement de nouvelles technologies sans avoir pris le soin d’analyser les dépendances que cela crée à terme ni vérifié leur innocuité sur les processus vitaux et les dotations humaines acquises au fil d’un temps ou les ondes, les radiations, les bouleversements climatiques n’étaient pas le fait de la production humaine.

Notre démocratie est victime de cette réalité là.

Il est temps de constater que notre système de représentation est totalement pervertis.

Pour échapper à l’oppression des pouvoirs publics actuels il faut imaginer et mettre en place, sans plus tarder, de nouvelles modalités de désignation de représentants authentiques du Peuple.

Or, ces jours-ci, pour ne pas cautionner l'illégitimité grandissante des partis politiques certains prônent l'abstention, d'autres, le boycott.

Ce sont là des propos défaitistes parfaitement compréhensibles mais totalement irresponsables.

On ne peut en effet prétendre être "démocrate" et en même temps galvauder la pratique qui fonde la démocratie : l'expression du choix des citoyens par un vote.

Le vote blanc, n'est pas comptabilisé.

Ne pas voter ou s'abstenir c'est accepter qu'un nombre ridiculement faible de voix crée une légalité qui s'écarte toujours plus de la légitimité. 

C’est aider le pouvoir en place.

Voilà l’erreur de l'abstention.

Appeler au boycott dans ces conditions, en ces temps troublés, c’est inciter à la débandade, encourager un exode civique de mauvaise augure.

Abandonner toutes les responsabilités à des mains abhorrées est une faute, lourde.

Il est préférable d'imaginer, de façon pratique et réaliste, dérangeante aussi, comment faire voter toutes celles et tous ceux risquent d'aller à la pêche le 7 juin 2009.

Les partis qui demandent qu’on vote pour eux non pas cette possibilité.

Ils ne sont plus crédibles.

Il faut en appeler à la responsabilité des abstentionnistes dont ont dit qu’ils représenteraient plus de 67% du corps électoral.

Certes, les délais pour réussir une telle opération, dans un  temps si compté, peuvent apparaître impossibles à tenir.

Une telle entreprise politique d’intérêt générale peut être qualifiée de déraisonnable, ou d’utopique.

Ces considérations négatives sont sans importance.

Nous n’avons pas le droit de faire l’impasse sur le sens du devoir que possèdent le citoyen ni celui de méconnaître sa très grande faculté d’implication et sa capacité à saisir l’instant utile.

Il faut cesser de confondre la réserve que le Peuple montre face au monde politique actuel avec sa capacité d’engagement.

Le Peuple est disponible dans toutes les couches de la population mais ne trouve pas à s’employer de façon responsable et efficace.

Donnons lui la possibilité d’utiliser le scrutin de juin non pour se défouler mais pour construire une démocratie vivante qui fera sa place à chacun.

Nous avons pour nous les techniques modernes, déjà employées de façon fort efficace dans la campagne qui a permis le refus du Traité Constitutionnel Européen.

Un comité peut se constituer dans chacune des grandes circonscriptions pour désigner par vote ou par tirage au sort, celles et ceux qui nous représenteront au parlement européen.

Ils arriveront en tête, nettement.

Mais là n’est pas l’essentiel.

Ainsi sera apporter la preuve en acte que nous pouvons nous passer de la structuration actuelle de la vie politique.

Nous pouvons, nous devons dépasser nos habitudes et nos traditions pour entrer dans le post parlementarisme, ouvrir une période dans laquelle nous expérimenterons in vivo les solutions que bien des personnes avisées proposent depuis longtemps et qui se sont heurtées au refus méprisant et totalitaire du pouvoir néo libéral actuel.

Passons-nous d’un chef, agissons  en tant que Peuple puisque c’est là la seule source de toute légitimité.

Régis ROQUETANIERE

Posté par picton86 à 22:53 - Commentaires [0]